« 2008-09 | Page d'accueil | 2008-09 »

samedi, 06 septembre 2008

La lettre de Guy Môquet

9f89c65ea7063ac2bbd63fa2341d6f5f.jpgMa petite maman chérie,
Mon tout petit frère adoré,
Mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, à toi en particulier petite maman, c’est d’être très courageuse.
Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose.
Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et René (1).
Quant à mon véritable (2), je ne peux le faire, hélas !
J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour.
À toi, petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman bien des peines, je te salue pour la dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup, qu’il étudie, qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demie (sic), ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels (3).
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage, je vous quitte tous, toutes, toi maman, Séserge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !


Votre Guy qui vous aime.
Guy.

(Source : Lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko (2003), La vie à en mourir. Lettres de Fusillés
(1941-1944)
, Éditions Tallandier, Paris, p. 85.

(1) Jean Mercier, Roger Semat, Rino Scolari.
(2) Serge, le frère de Guy Môquet.
(3) Jean-Pierre Timbaud et Charles Michels, trente-huit ans, député communiste de Paris, fusillés à La Sablière le 22 octobre 1941.
BO n°30 du 30 août 2007. Encart. 22 octobre : commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés. Annexes. Texte 1.http://www.education.gouv.fr/bo/2007/30/MENE0701517N.htm

Jean-Philippe GENOVA nous a quitté

6e32b5aa9ce6920809d7a8702dd9d901.jpg

 

Jean- Philippe GENOVA, président de la CCI de Clermont-Issoire depuis 2001 nous a quitté. Les obsèques religieuses auront lieu lundi 8 septembre 2008, à 10H30, en l'église Saint-Pierre-les-Minimes.

Il nous aurait dit :   NE PLEUREZ PAS

Ne pleurez pas si vous m'aimez,
Je suis seulement passée dans la pièce à côté.

Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.

Donnez moi le nom que vous m'avez toujours donné,
Parlez moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste.

Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été,
Sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends. Je ne suis pas loin,
Juste de l'autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

(Texte attribué à St Augustin et à Péguy)