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vendredi, 05 septembre 2008

Des promoteurs immobiliers guettés par la faillite

d81283a14288fabb079f08ed86acbc20.jpgCeleos en Bretagne et Piera en Provence, rattrapés par la crise, connaissent des difficultés.
Hier matin, le tribunal de commerce de Saint-Brieuc a prononcé la mise en redressement judiciaire de Celeos, assortie d'une période d'observation de six mois. Créée ex nihilo en 1996 par Gilles Cadoudal à Plérin dans les Côtes-d'Armor, l'entreprise a connu une croissance impressionnante. Elle emploie aujourd'hui 430 personnes et a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de 202 millions d'euros à travers son réseau de 27 agences intégrées, implantées dans le Grand Ouest, à Paris en Lyon.
« La direction du groupe a pris acte des difficultés de trésorerie rencontrées par la société et en a informé les salariés », indiquait hier après-midi dans un communiqué Gilles Cadoudal. Récemment, le groupe breton indiquait pourtant que les commandes du premier semestre 2008 atteignaient 99,7 millions d'euros (hors immobilier d'entreprise), soit une progression de 7,1 % par rapport à la même période en 2007.

Privilégiant les terrains dans les communes périphériques des petites villes, Gilles Cadoudal a profité les premières années de l'incroyable expansion du marché de la construction neuve. En 2007, Celeos a ainsi commercialisé près de 2 500 logements neufs un peu moins chers que ceux de ses concurrents.

En 2006, pour financer cette croissance, Gilles Cadoudal a introduit son entreprise en Bourse. Les capitaux qu'il y a levés lui ont permis d'acquérir l'an passé le promoteur lyonnais Saint-Jean. Mais, depuis quelques mois, le titre coté sur Alternext ne cessait de perdre de sa valeur : 80 % en un an. Sa cotation a d'ailleurs été suspendue le 29 août afin d'éviter tout risque de délit d'initié autour de la décision du tribunal de commerce.

En Provence, c'est Piera, un promoteur de Gap spécialisé dans les montages défiscalisés type loi Robien, qui est touché de plein fouet par le retournement du marché immobilier. Sur 114 salariés, 60 % devraient être licenciés et sept de dix agences vont fermer. Il ne conserve plus que celles d'Aix-en-Provence, de Bordeaux et de Lyon.

Des clients se tournent vers la justice

Le fonds d'investissement LBO France a repris il y a un an 75 % du capital aux fondateurs. En début d'année, le management a été changé mais les problèmes de trésorerie n'ont, semble-t-il, pas été résolus. Contactés par Le Figaro hier, LBO France comme Pascal Boscher, président de Piera, n'ont pas donné suite.

Piera doit faire face à la grogne de clients mécontents en raison du retard de livraison de certains programmes comme à Clermont-Ferrand, ou du non-paiement par le gestionnaire des appartements loués (la SIT) des loyers, des garanties locatives auxquelles ont souscrit les acquéreurs ou du remboursement des intérêts intercalaires. Une dizaine d'entre eux est déterminée à intenter une action en justice contre Piera, la SIT, les banques et les intermédiaires commercialisateurs.

« Nous allons attaquer pour escroquerie, défaut de conseil, tromperie et non-respect du contrat de vente et de gestion », explique Henrique Vidal, propriétaire d'un appartement à Angoulême qui veut obtenir l'annulation de la vente et du prêt et des dommages et intérêts. J'ai été livré avec un mois de retard et mon bien n'a été mis en gestion locative que quatre mois plus tard et il est loué 170 euros de moins que le montant garanti dans le contrat que j'ai signé. » Il chiffrant son préjudice entre 100 000 et 150 000 euros.

« Pascal Boscher nous a proposé de nous rencontrer quand il a su qu'on créait en fin de semaine une association de défense », indique pour sa part Michel Bayon à Clermond-Ferrand. Les travaux de l'immeuble dans lequel il devait prendre possession d'un appartement cet été sont arrêtés depuis plusieurs semaines.( source Le Figaro par Nathalie Bougeard (à Rennes) et Aliette de Broqua (à Marseille)