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mardi, 25 mars 2008

Sarkozy, son moi, son ça, son surmoi et sa femme

f023fb9dc56100f0579c284b842aeed1.jpgSarkozy. c'est un petit coeur qui bat et qui a fini par émouvoir le grand psychanalyste Jacques-Alain Miller, qui lui offre ses services.



 
Jacques-Alain Miller, psychanalyste reconnu, gendre de Jacques Lacan, vient quasiment de proposer, dans une interview accordée au Point cette semaine, à Nicolas Sarkozy de lui offrir quelques séances de psychanalyse pour le débarrasser de ses problèmes de moi et de ça - donc de surmoi. Et il y a de quoi être surpris. Car Jacques-Alain Miller n'est pas à proprement parler un «fan de».
Tout d'abord, Miller n'aime pas l'UMP. En 2003, il montait au créneau contre l'amendement présenté par Bernard Accoyer pour réglementer la psychothérapie en France. Le créateur de l'Ecole de la cause freudienne avait alors pris la tête d'une fronde psy, baptisée Forum des psys, qui avait connu son apogée lors d'un meeting «contre le totalitarisme scientiste» organisé à la Mutualité réunissant plus de mille personnes dont Bernard-Henri Lévy, Catherine Clément, Elisabeth Roudinesco, Jack Lang ou encore Philippe Sollers. Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, n'y fut pas épargné. Pas plus que Nicolas Sarkozy, en pleine ascension.
Depuis, beaucoup de choses ont changé. Bernard Accoyer a retiré son amendement - même s'il n'a de cesse d'essayer d'imposer un contrôle aux psys, profession dont, visiblement, il se méfie. Nicolas Sarkozy est devenu présidentiable, puis candidat, puis président. Et Jacques-Alain Miller est devenu plus compréhensif à l'égard du candidat, plus compassionnel vis-à-vis du président. «Ancien mao et moi-même descendant d'immigrés polonais, je comprends assez bien le personnage, confiait-il au Nouvel Obs peu avant le premier tour de la présidentielle. Bien sûr, il y a chez Sarkozy une sorte de «culte de l'énergie» stendhalien, pour le dire à la Barrès... Mais il y a surtout un style «can do», un activisme pas du tout français.» Des considérations qui ont valu au psychanalyste d'être qualifié de «sarkophile déclaré» par le même Nouvel Obs il y a quelques semaines. Sans aller jusque-là, on peut constater que Miller semble de plus en plus fasciné par le «cas Sarkozy», «cette transgression permanente érigée en méthode de gouvernement », «cette tendance naturelle à la démesure», comme il l'expliquait au journaliste du Nouvel Obs. «Même s'il a toute légitimité pour changer les codes, ici, on est plutôt devant une boussole qui s'affole.»
D'ailleurs, le dernier meeting du Forum des psys à la Mutu, début février, avait pour thème - sans rire : «Le sarkozysme est-il un humanisme ?» Comme s'il y avait une possibilité que la réponse soit oui.
Jacques-Alain Miller semble donc tombé dans le travers de beaucoup de chercheurs : il est si fasciné par son sujet d'étude - Sarko, donc - qu'il se laisse bouffer par lui. Une tendance qui semble se confirmer dans Le Point, où le psychanalyste explique que Nicolas Sarkozy souffre surtout de l'absence de son surmoi incarné par Cécilia, mais que, c'est sûr, il va s'améliorer, il lui suffit pour ça de quelques heures de psychanalyse. C'est tout juste si l'éminent freudien ne lui propose pas des séances à l'œil… oubliant, au passage, cette vérité première que même les béotiens connaissent : «Quand on ne paie pas, on ne guérit pas». C'est tout le problème : si notre Président acceptait de s'allonger, ce serait la France qui paierait. (source Marianne - Lundi 24 Mars 2008 - 00:47 par Bénédicte Charles)

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